( 17 septembre, 2015 )

On me dit fée…

On me dit fée, mais j’ensorcèle.

Je joue avec les âmes en leur jetant des sorts.

Je captive les esprits et les émerveille,

Pour mieux me nourrir de leur force, sans remords.

 

On me dit fée, mais je suis magicienne.

J’ouvre les cœurs à l’amour, puis je les lacère.

Je séduis de mes ondulations voluptueuses et aériennes,

Je me délecte de les posséder et jamais ne les libère.

 

On me dit fée, mais je suis sorcière.

J’envoûte avec mes philtres et mes poisons.

J’enivre les corps dans l’illusion d’un éther,

Puis les dévore avec le plaisir d’un démon.

 

On me dit fée, mais je suis enchanteresse.

Je bois les sentiments de mes amoureux,

Je vole leur joie, leur folle liesse

Et assouvie mes désirs licencieux.

 

On me dit fée, mais je suis diablesse.

Je me diverti des fantasmes que je fais naître.

J’attire les hommes, les asservie puis les délaisse,

Ne leur offrant que mon dédain avant de disparaître.

 

On me dit fée, mais je suis vaudou.

Je charme mes victimes avec des mots doux.

Je les pousse au paroxysme de leur désir

Puis m’échappe pour les frustrer et les punir.

( 7 avril, 2015 )

Mes fantômes

Les fantômes qui m’habitent me tyrannisent.

Ils vont, ils viennent dans mon existence.

Je n’ai de repos que dans les moments d’euphorie.

De leurs ombres, ils m’étouffent, m’enlisent.

Ils aspirent parfois jusqu’à mon essence

Et je n’inspire que péniblement le souffle de la vie.

Je leur livre une bataille douloureuse,

Chaque nuit je repousse leurs attaques odieuses

Et chaque jour je capitule, malheureuse.

L’angoisse m’oppresse et mes fantômes s’en réjouissent.

Je me hais de les laisser occuper la place de mon esprit.

Malgré mes parades, ils reviennent, rebondissent

Pour mieux écraser la rébellion que je mon cœur construis.

Il n’est rien de pire que ces fantômes qui m’embrument

De ce poison maléfique qui, insidieusement m’envahit

Et me laisse pantelante et écœurée par son amertume.

( 3 février, 2015 )

Errance

Comme une âme en peine, j’erre ;

Et cette errance me libère.

Je ne suis pas en peine, mais j’erre ;

Et dans ce spleen, rougissante, j’espère.

J’espère que l’amour ne soit plus amer,

Que le ciel embrasse enfin la terre,

Et que le soleil embrase les mers.

Je me complais dans cette errance.

Et m’y retrouve à l’enfance

Où l’âme et le cœur sont Innocence.

J’erre dans un monde de paradis

Où se mêlent avec bonheur les envies,

Où je me perds dans le plaisir de la vie.

Mon spleen est bienheureux,

Car, bien loin de moi est ce monde en feu,

Et si près de moi ce désir délicieux.

Être libre d’être ce que je suis…

Modelée par mes émotions

Brisée par mes frustrations

Grandie par mes sensations

Bouleversée par mes aberrations.

L’errance de mon corps d’argile

De mon cœur de pétales fragiles

Me ramène à cet esprit difficile

Que je n’ai pu rendre docile.

( 8 janvier, 2015 )

Libre de penser !

Hier, on m’a crevé les yeux,

On m’a coupé la langue,

On m’a explosé les tympans,

On m’a amputé de mes mains,

Et pourtant, je suis encore là,

Libre de penser,

Dans mon pays, qui a toujours ouvert sa gueule.

Charlie et ses journalistes, ses croqueurs, ses dessinateurs, ses critiques, ce sont les enfants de Voltaire, de Molière, de Beaumarchais,…

De ceux, qui en leur temps, ont dénoncé leur société, en prenant le risque d’y perdre la vie.

Merci à ce courage et que vive la Liberté de penser, d’écrire et de dessiner les travers de notre monde.

( 4 décembre, 2014 )

La rose

Tu effeuilles avec un doux plaisir la rose que je suis.

A peine éclose, les pétales encore froissés de la nuit,

J’ouvre ma corolle à ce délice, sans bruit.

 

Lentement tu détaches les pétales de mes protestations

Et cueilles délicatement le cœur de mes passions.

En silence, je laisse ton souffle faire renaître les frissons.

 

Comme une perle de nacre,

Ta bouche se fait sucre

Et loin de moi la douleur âcre

Enfermée dans mon involucre.

 

Tes doigts courent sur ma robe satinée,

Évitant, sur mon corps, les épines acérées.

Ils cherchent le réceptacle enflammé

Que les stigmates gardent fermés.

 

Nulle rose n’est plus désirée,

Nulle rose n’est plus chérie.

Elle en devient beauté

Et chaque jour, elle le bénit…

 

( 1 décembre, 2014 )

De tes yeux à mes yeux

De tes yeux à mes yeux, il y a le présent.

Ton regard appréhende mon lendemain.

Dans ces éclats de vert brûlants,

J’accepte avec toi chaque instant.

Je goûte tes lèvres avec délice

Et dans le désir je délace…

Je défais ces liens qui m’entravent

Noués par cette peur qui me rend esclave.

J’avoue discrètement combien tu es délicieux.

Et t’offre de moi ce qu’il y a de mieux.

Dans tes yeux j’angoisse d’y voir l’abandon,

Celui qui me ferait orpheline de toi,

Orpheline de ce en quoi j’ai foi.

Dans mes yeux, je te laisse lire une dévotion,

Ce que je te donne, colère et passion.

De tes yeux à mes yeux il y des braises,

Un feu ardent qui nous consume,

Qui doucement nous embrase

Et nos regards de plaisir s’embrument.

( 20 novembre, 2014 )

Pères

Je suis le fils de mon père.

A lui, parfois, si semblable

Et parfois si opposable.

Je suis le fils de mon père.

 

Je suis le père de mon fils.

Je sais reconnaitre en lui l’insondable.

Je m’immerge de cet amour immuable.

Je suis le père de mon fils.

 

Et j’ai plaisir à lui livrer mon savoir,

A retrouver en lui ma mémoire.

La mémoire héritée de mon père,

Celle qu’il m’offrit en devenant père.

 

Il est mon fils et je suis son père.

Il au fil de mes prières,

Il est l’ange dont je suis fier.

Et chaque jour je bénis le ciel d’être ce père.

( 6 novembre, 2014 )

Je suis lionne

Je reste lionne quand d’autres s’ignorent loups.

 

De tant de passion je meure dévorée.

De tant de dons je suis écorchée.

Et, avec autant de dégoût que de plaisir,

Je souhaite ardemment faire souffrir.

Ne plus apporter de sourire,

Faire, à ma vue, s’enfuir

Qu’on me craigne jusqu’à me haïr.

 

Je connais la limite des hommes,

Je sais leur fragilité.

Je connais la faiblesse des femmes,

Je sais leur naïveté.

 

J’ai crevé mon cœur à tant de bons sentiments.

J’ai donné mes nuits à trop de rêves angoissants.

J’ai offert mon temps à ceux qui étaient si mal.

J’ai donné mon esprit à regonfler le moral.

 

J’ai besoin de détruire pour peut-être reconstruire.

J’ai besoin comprendre pour à nouveau rendre.

Mais je me suis oublié parce qu’on m’a oublié.

Parce que l’ingratitude s’est vulgarisée.

 

( 6 novembre, 2014 )

Une lune

La lune perce mes secrets.

Le sommeil est loin, si loin.

Les nuits sont faites de silences et bruissements.

 

La lune est bulle de soie,

Posée sur le velours des cieux.

Sa nacre creuse une perle dans le noir satin.

 

La lune prend mes angoisses.

Elle me regarde m’assoupir.

Les nuits sont faites de rêves et de cauchemars.

 

La lune tait mes désirs.

Elle étouffe mes plaintes.

Les nuits sont faites d’incertitudes et d’évidences.

 

La lune embrasse mon cœur.

Elle lui souffle une brise apaisante.

Les nuits sont faites de peurs et de plaisirs.

 

( 30 octobre, 2014 )

Le cadeau de Dieu à l’Homme…

La noblesse de ton pas,

Le claquement du fer sur les pavés.

Je te cherche et enfin te vois,

Je me laisse impressionner.

Tu es majestueux

Et le velours de ton habit chatoyant

Irradie intensément.

Je t’observe franchement.

Tu me domines insidieusement.

Tes yeux sont immenses, ourlés de longs cils noirs.

Je te regarde et je m’incline.

Je perds de mon assurance.

Ton maintien et ta fierté m’écrase un peu plus

Mais je t’admire.

Il y a en toi tant de puissance et de beauté,

Tant d’aisance et de docilité.

A cause de cela je reste bien incapable de te dompter.

 

Pégase, Epona, Rossinante, Black, Stweball…

Dans mes songes tu me fais voler, mourir, réfléchir, chevaucher, pleurer.

Tu as lutté avec les guerriers, porté l’amour courtois, tiré les chars de foin ;

Et aujourd’hui tu promènes les hommes et diffuse ta philosophie.

Magnifique animal ! Tu m’inspire tant de respect.

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