( 3 juin, 2014 )

In my defens God me defend !

« In my defens God me defend »

 

L’Ecosse m’avait emportée en m’embrassant de ses cheveux de fée.

Le landskape qu’elle offrait à mes yeux, me touchait instantanément.

J’étais étourdie par ces camaïeux de verts qui couraient sur les monts.

On aurait pu croire, claquant dans le vent, à la cape de velours d’un roi endormi.

Seuls quelques lambeaux d’hermine accrochaient du blanc à mon regard.

Lochs sombres et châteaux mystérieux pavaient alors la route de ma conquête celte.

Au détour d’un couloir, Brian aux yeux noirs et au sourire étourdissant pique encore de rouge ma mémoire.

Mais les souvenirs sont plus lointains, plus tristes.

Je croisais l’ombre de Mary Stewart, celle de James IV…

Les pierres étaient chargées d’histoires ;

Celle d’Hadrien, l’empereur romain,

Celle, sanglante, de William Wallace.

Mes yeux d’adolescente se laissaient griser, émouvoir par cette étole de brume qui enveloppait tout à coup les collines et les donjons oubliés.

Les vagues mourraient avec fracas contre les rochers noirs, livrant à la mer déchaînée, ce qu’ils ne pouvaient plus retenir.

Je n’ai pas vu Nessy, même si son esprit rôdait autour de nous.

Un frisson parcourt mon dos et mon imagination…

 

Et dire que ce 14 juillet 1989, je me trouvais au milieu de cette terre majestueuse et fêtais la Révolution Française au cœur du plus royaliste de tous les états du monde.

 

( 16 mai, 2014 )

Corsica sempre corsa

1991, j’ai 16 ans.

Lui ? Je n’ose penser à son âge,

Il est antique.

Notre première rencontre fut ce bord de mer turquoise, nacré, brûlant.

Je me souviens m’être noyée, éblouie de tant de reflets d’or, d’argent.

Le conquérir me fut une épreuve physique et morale.

Bouleversée d’admiration et de rage contre lui et ses colères.

Je suis comme lui, latine au sang bouillant.

Comme lui mon regard est sombre et ma voix rauque par instant.

Il me ressemble,

Je lui ressemble.

Je me souviens de l’avoir maudit tout haut

Mais aussi de m’être laissée caresser par ses mains d’écume.

Je me souviens m’être nourrie de ses fruits

Et avoir recraché la chair rouge de ses bêtes.

Je me souviens l’odeur âcre de ses âtres

Du parfum entêtant de ses fleurs,

Des formes enivrantes de son paysage

Et des cigales qui chantent encore en moi.

Je me souviens de ces sourires de feu

Et de ces regards de glace.

De cette paillotte près de la Palombaggia

Du vieux François dans la cabane de Zonza

Et du beau corse de Sartène…

Il m’a marqué au fer, un CSC, pour que je sache qu’il est unique,

Qu’il ne m’appartiendra jamais

Il a tatoué mon âme pour que jamais je n’oublie

Le vert de ses pins, le blanc de sa pierre, le bleu de ses cascades,

Il m’a marqué au cœur, pour qu’un jour je lui revienne.

Ô delizioso paese, Corsica, Corsica…

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