( 7 avril, 2014 )

De la vigne au vin

La vigne s’est parée de rouge et d’orangé

Il ne lui reste plus que des feuilles colorées.

Ses grappes ont été ramassées,

Avant qu’octobre soit passé.

Les graines, une fois pressées,

Donnent le vin de l’année.

Il est le fruit du travail des vendangeurs,

Peinant au labeur dans les coteaux escarpés,

Mais qui entonnent de tout leur cœur,

Les airs joyeux de leurs aïeux, jamais oubliés.

Leur vin coulera dans les gorges assoiffées,

Délectera l’amateur chevronné,

Qui donnera son avis sur le cru affiné.

Il enivrera les buveurs des bistrots,

Coulera dans les verres des bouchons,

Où les gones fêteront le beaujolais nouveau.

Il trônera sur les tables des réveillons,

Et fera chanter les convives à l’unisson,

Répétant des couplets drôles ou polissons.

Le vin est l’invité des fêtes et des soirées

Mais aussi le compagnon des déprimés.

Il provoque les rires et rend amoureux,

Il mène à la bagarre et aux désirs licencieux.

( 4 avril, 2014 )

De tes yeux

L’usure de l’existence a travaillé ton regard, le rendant plus triste.

On y lirait presque la sagesse de tout ce que tu as vécu.

Pourtant, il y a toujours ces éclats de vert, magiques, qui me bouleversent.

Ils brûlent mes joues, les rosissant de ce plaisir aigu qu’offre l’émoi.

Il me semble que je suis loin de ta quarantaine

Même si elle me cueillera dans les trois années à venir.

Je te désire encore et toujours depuis tout ce temps.

Et la caresse de tes yeux piquetés d’émeraudes, me fait sourire.

Je suis inlassablement touchée par ton regard,

Comme aux premiers instants,

La première fois où tu m’as parlé.

Je pense à mon passé simple, dans ma chambre d’étudiante,

Puis à notre passé composé, compagne et mère aimante.

Et au travers de tes yeux aux pépites de jade je contemple nos futurs.

( 3 avril, 2014 )

Léandre

Ma canaille, elle a six ans.

Ma canaille est mon seul enfant.

Ma canaille, elle me ressemble tant.

Ma canaille a les cheveux si courts pourtant.

 

Ma canaille, c’est mon petit gars.

Ma canaille, que je serre dans mes bras.

Ma canaille, je l’aime bien trop parfois.

Ma canaille, elle se joue souvent de moi.

Ma canaille, c’est un prince, un roi.

 

Ma canaille, a le regard malicieux.

Ma canaille sait me consoler de ses yeux.

Ma canaille a un rire comme on n’en fait pas deux.

Ma canaille, est un cadeau merveilleux.

Ma canaille, est déjà amoureux. . .

 

( 2 avril, 2014 )

Lionne vs Loup

Petit clin d’œil…

 

Vous êtes un loup,

Je suis une lionne.

J’attends, sagement, près de vous,

Le faux pas que vous ferez un jour.

Je bondirais à la moindre occasion

Et ferais de vous,

Ce que fait une lionne de sa proie…

Je vous dévorerais !

( 1 avril, 2014 )

14 juillet

14 juillet 1998 – 2005

 

Liberté, tout un symbole que ce jour-là. . .

 

Par un tôt matin de fête nationale il s’en est allé ;

Pour enfin retrouver celle qu’il a tant aimée,

Celle que jamais il n’oubliât durant toutes ces années.

 

Un soir de 14 juillet, ô surprise, il est arrivé,

Bien des semaines avant la date annoncée,

Il était si petit, mon merveilleux prématuré.

 

Le premier traînait son chagrin et attendait la mort,

Le deuxième se battait pour vivre, heureux de son sort.

 

1998, son âme s’est envolée alors que le soleil s’élevait.

Dans un pays en liesse, le vieil homme nous quittait.

2005, une vie allait éclore, dans un monde au soleil déclinant,

Et pourtant, éclairé de mille feux d’artifices, comme l’annonçant.

 

Comme une réincarnation de l’amour,

Cette naissance supplantait la mort.

Comme une réincarnation de l’éternité,

L’un s’en est allé et le deuxième est né.

 

Claudius aux yeux d’océan,

Au cœur inconsolable mais généreux.

Léandre au brun regard malicieux,

Au cœur tendre et aimant.

Chaque 14 juillet,

Nous fêtons la Liberté,

D’un pays qui voulait l’égalité,

D’un homme qui voulait s’en aller,

D’un enfant qui voulait être aimé.

( 31 mars, 2014 )

Une mariée

Elle passe sa robe nuptiale et les larmes coulent de ses yeux.

Elle caresse le tulle de son voile, les mains tremblantes.

Elle pose ses pieds délicats dans des escarpins blancs.

Ses jambes flageolent, tant l’émotion est intense.

Elle pique dans ses cheveux des fleurs des champs

Et agrafe un collier, héritage de ses aïeules.

Elle fait glisser sur son bas la coquine jarretière

Qu’elle ne dévoilera qu’à la nuit avancée.

Elle laisse retomber sur ses cuisses un jupon

Puis la soie sauvage de sa robe chatoyante.

 

Et elle déplie un carré de dentelle

Pour essuyer ses joues humides

Les couleurs coulent de ses yeux brillants

Accompagnant les perles de tristesse.

Ce samedi de juin était jour de noces,

Mais la guerre l’en a privée.

Alors elle arrache ses vêtements de reine,

Se sentant devenue veuve avant les épousailles.

 

A peine a-t-elle profité de ses fiançailles

Qu’on lui a volé son amoureux

Et ce jour de mariage est jour d’adieu.

Elle revêtira le noir en place du blanc immaculé.

 

( 28 mars, 2014 )

Un mirage

C’est avec un désir contenu que je t’envisage,

Que je dévore chaque parcelle de ton visage.

Pourtant, je sais bien que tu n’es qu’une image,

Qu’un languissant mirage.

 

Avec toi, je voudrais rouler à vive allure et couper les virages,

Gravir des montagnes et nous perdre dans ses nuages,

Nous noyer en mer pour renaître sur d’irréels rivages.

Ton corps mêlé au mien serait un précieux alliage,

Ton regard rougirait ma peau comme un indélébile tatouage.

Je voudrais que tu connaisses les courbes de mon paysage,

Et te promet que ce jour j’oublierais d’être sage.

Je voudrais que notre union soit pur partage,

Que notre amour traverse avec bonheur, les âges,

Et que la passion soit devenue notre unique langage.

 

Mais j’ai peur que de ma pudique réserve tu prennes ombrage,

Que tu ne sois qu’un séducteur, un dandy volage,

Qui provoquerait en mon âme d’irréparables dommages,

Qui ferait de mes sentiments un carnage,

Et que tu m’abandonnes sur de plats hommages,

Que tu me crucifie par un seul message.

J’aurais peur de n’être qu’une chimère, un orage,

De n’être qu’une vulgaire aventure de passage.

J’aurais peur que mon existence ne survive pas un tel ravage,

Et que mon esprit y perde force et courage.

 

Il est peut-être mieux que tu restes ce fantasmatique mirage…

 

( 26 mars, 2014 )

Un papillon

Un papillon se cogne contre la porte de mon cœur.

Il me surprend dans un sommeil déjà séculaire.

Ses ailes éparpillent une poussière multicolore

Qui voile mes yeux éblouis par cette poudre d’or.

 

Je l’attendais depuis un languissant millénaire.

Je l’avais cherché entre ciel et mer.

Il est venu à moi, alors que mon âme était assoupie

Oubliant que j’étais encore en vie.

 

Mon papillon est un ange d’amour

Qui aveugle mon esprit et ma Raison.

Il scintille comme le soleil du jour

Et souffle la tendresse dans mes poumons.

 

Il verse en moi des sentiments dont je me désaltère.

Je le laisse me nourrir de cette douce chimère,

Parce que je sais qu’un papillon est éphémère.

Et déjà il disparait, emportant avec lui sa lumière.

 

( 25 mars, 2014 )

Les silences

Les silences . . .

 

Silence velouté d’un désert africain

Silence soyeux d’une forêt enneigée

Silence mystérieux d’une nuit étoilée

Silence étincelant du sable caribéen.

 

Silence sacré d’une chapelle ancestrale

Silence monacal d’une alcôve dorée

 

Silence studieux d’un élève appliqué

Silence infantile de rires étouffés

Silence sucré des gourmands attablés

Silence délicieux de regards langoureux

 

Silence amer d’un amour défendu

Silence cruel d’un être disparu

Silence mortel d’une stèle usée

Silence sanglant après la bataille

 

Silence odieux de mes larmes

 

Silence protecteur de mes pensées

 

 

( 24 mars, 2014 )

Déclarations

Déclaration d’Indépendance,

Cri d’un peuple tout entier

Qui se bat pour sa liberté,

Porté par la force de l’espérance.

 

Déclaration d’impôts

Comme une dette à son pays,

Sans contredire d’un mot

A regret, on se plie.

 

Déclaration de guerre,

Cupide désir de possession

Quand  voler une autre terre

Est glorieux pour une nation.

 

Déclaration d’amour

Brûlante sur les lèvres,

Muet discours

Pétri de fièvre.

 

Déclaration d’identité

Parce qu’il faut pouvoir être contrôlé.

Parce qu’on n’a pas le droit à l’anonymat

On nous surveille, c’est un métier que cela.

 

Déclaration Universelle des Droits de l’Homme,

Belles lettres et belles intentions

Dans des sociétés où l’on assomme

Où l’égalité est pure fiction

 

Déclaration de décès

Parce qu’un jour il faut partir

Et qu’au monde il faut le dire

Dans une dernière publicité.

 

Déclarations sociales

A établir sans faire d’erreur

Car l’Etat sera impartial.

Gare aux inspecteurs !

 

Déclaration de naissance

Pour donner un nom à nos enfants

Pour qu’ils retrouvent les traces

De leurs ancêtres d’un autre temps

 

Déclaration des droits de l’enfant

Pour leur offrir le meilleur de la vie

Pour que le travail et les coups soient bannis.

Mais qui le croit vraiment ?

 

 

 

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